Inflammation d’un antérieur, quel protocole de repos et de reprise ?

Quand un chien de canicross se met à protéger un antérieur, tout s’arrête net. Vous avez senti un appui hésitant en sortie, un mini-faux pas dans le single, puis cette raideur au retour. L’inflammation d’un antérieur n’est pas forcément une grande blessure, mais c’est un signal fort que l’appareil locomoteur a encaissé au-delà de sa capacité du jour. Sols durs, dénivelé trop vite, harnais qui tire en biais, pointe d’ongle trop longue ou simple micro-traumatisme d’un tendon fléchisseur… Les causes s’entremêlent. La bonne nouvelle: un protocole simple, structuré et mesurable permet de calmer l’inflammation, d’éviter la récidive et de revenir en traction avec plus de solidité.

La priorité, c’est de faire retomber le feu sans casser la dynamique de votre duo. Oubliez l’improvisation sur “une semaine au repos” : vous gagnez davantage avec un plan par phases courtes, des critères clairs pour avancer (ou temporiser), et quelques ajustements de matériel. Votre objectif n’est pas seulement que le chien ne boite plus, mais qu’il retrouve une locomotion symétrique, un appui franc et une tolérance à la traction progressive.

  • Stop traction immédiate, maintien des sorties hygiéniques en laisse courte
  • Glace courte durée, plusieurs fois par jour les 48 premières heures
  • Inspection des coussinets, ongles, poils interdigitaux, harnais et ligne amortie
  • Sols souples (herbe lisse), pas de virages serrés ni de sauts
  • Suivi d’un “journal de locomotion”: date, symptômes, tolérance à la marche

Protocole de repos: Combien de temps et comment le structurer

Pensez en paliers de 72 heures. Phase 1 (J1–J3): calme relatif, marche en laisse 10–15 minutes, 3–4 fois/jour sur terrain plat, cryothérapie 8–10 minutes après la première sortie et en fin de journée, mobilisation douce de l’épaule et du carpe sans douleur. Si la boiterie au pas disparaît et que l’appui est complet au lever, passez à la Phase 2 (J4–J7): augmentez la marche à 20–30 minutes, introduisez 3 blocs de 2 minutes de trot en laisse très lente sur herbe, lignes droites uniquement, 48 heures d’intervalle entre deux jours “actifs”. Phase 3 (Semaine 2): marche 30–40 minutes, trot contrôlé total 10–12 minutes segmenté (1’ on/1’ off), mini-montées <3% de pente, toujours sans traction. Si un signe d’alerte réapparaît (raideur matinale, léchage de patte, tête qui “pompe” au trot), revenez au palier précédent 48–72 heures.

À noter :

L’absence de boiterie ne signifie pas “prêt pour la traction”. Recherchez la symétrie des foulées au trot droit sur 30 mètres, l’appui sans compensation sur les virages larges, et une patte froide/indolore au toucher 12 heures après l’effort. Les séances trop rapprochées entretiennent l’inflammation de bas grade.

Reprise du canicross: Progressivité et critères de feu vert

Techniquement, la reprise commence hors traction. Validez d’abord trois séances consécutives “RPE facile” (perception d’effort faible chez le chien: cadence stable, bouche peu ouverte, pas d’hésitation à l’appui). Testez ensuite le harnais et la ligne amortie sur 5 x 30 secondes de traction en terrain plat, rectiligne, avec 2 minutes de marche entre les blocs. Objectifs: tronc stable, trajectoire droite, aucune tête qui plonge à l’impact, pas de changement d’appui à chaud ni à froid le lendemain. Augmentez ensuite le temps total de traction de 10–20% par séance, en priorisant d’abord la durée avant la vitesse, puis reintroduisez un léger dénivelé. Surfaces: herbe, chemins forestiers souples, puis stabilisé fin; gardez l’asphalte pour la marche technique uniquement. Évitez les virages serrés et les descentes rapides les deux premières semaines de retour. Côté matériel, contrôlez l’alignement du harnais (pas de rotation), un point d’attache central, et une ligne qui amortit sans “rebond dur”. Enfin, alternez un jour “travail” et un jour “facile” pour laisser au tissu conjonctif son temps d’adaptation.

  • 3 jours sans boiterie au pas et au trot droit: OK pour micro-blocs de traction
  • Règle des +10–20%: on n’augmente qu’un paramètre (durée, vitesse ou pente)
  • Surfaces souples d’abord, virages larges, pas de descentes rapides au début
  • Journal d’entraînement: notez réactions à 24 h pour guider la progression

Reposer un antérieur, c’est accepter de ralentir pour mieux repartir. En canicross, la clarté du protocole fait gagner des semaines: phases courtes, critères simples, matériel ajusté, surfaces choisies. Vous protégez l’envie de votre chien et investissez dans une locomotion solide qui tiendra la saison.

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